Le beurre et l’argent du beurre

Posté le 05/09/2012 dans Edito.

Ce mercredi là, l’auditoire de la Chambre des députés était à peu près complet. Normal, c’est le jour où la télé officie et il est de bon ton de faire bonne figure sur le petit écran. Donc, ce jour là, point de nos représentants somnolents dans la tiédeur du cocon de l’hémicycle, ou, parcourant quelques revues ou gazettes à défaut de dossiers. Il est vrai, aussi, que c’était le mercredi de la semaine où l’Assemblée votait le collectif budgétaire pour le budget 2012. Budget de crise, de rigueur, de sacrifices à venir, d’augmentation de taxes, impôts, diminution d’avantages fiscaux et suppression de niches diverses et variées. Bref, budget de purgation, en principe pour tous !

C’est en vertu de ce principe qu’un député centriste avait déposé un amendement visant à fiscaliser la part de l’I R F M  soit Indemnité Représentative des Frais de Mandat, non utilisée à des fins professionnelles par le député ![1]

Stupéfaction générale ! Certains confrères se sont demandés si leur collègue n’avait pas été visité par la Vierge dans la nuit, d’autres s’il avait fumé la moquette, d’autres encore s’il avait su garder raison. Bref, ce fut l’unanimité : droite, gauche, extrêmes des deux bords, rouge, rose, vert, bleu, et brun, tous d’accord pour une fois, pour déclarer que c’était « une fausse bonne idée » renvoyée illico aux oubliettes. Un « Certain G…» allant même jusqu’à se ridiculiser en déclarant « que si les députés étaient contraints de justifier chacune de leur dépense, ils ne seraient plus des « députés libres ! » Arguant une fois de plus du manque de moyens dont disposent les parlementaires français surtout si on les compare à leurs homologues étrangers[2]. Argumentation fausse donc, et ils oublient nos parlementaires, (tout comme d’ailleurs nos sénateurs), qu’ils sont les seuls, en Europe,  à pouvoir cumuler plusieurs mandats- encore une belle exception culturelle française- ce qui augmente d’autant leurs prébendes !

Ce cumul des mandats doit être prochainement examiné mais déjà dans tous les territoires de la France profonde, cela gronde. Ces Messieurs et Dames prétextant qu’ils (elles) sont indispensables, au four et au moulin ; et qu’ils (elles) ne sauraient remplir leur mandat national s’ils (elles) n’avaient un pied dans leur terroir pour entendre ces Français, les vrais Gens,  qui eux ne souhaitent qu’une chose c’est qu’on les écoute et que disent-ils : « Qu’ils en ont raz le bol de ces cumuls. Qu’ils élisent des députés pour les représenter nationalement et faire en sorte que la France tourne rond, et non pas des élus qui passent la majorité de leur temps à labourer leur campagne et à pratiquer l’art du clientélisme en vue de leur prochaine réélection ! »

Colette Lièvre.



[1] L’IRFM est destinée à couvrir l’ensemble des frais liés à l’exercice du mandat parlementaire qui n’est pas pris en charge ou remboursé directement par l’Assemblée. Elle permet également au député de couvrir la part de rémunération de ses collaborateurs qui excède le crédit spécifiquement alloué à cet effet. Ce crédit de fonctionnement est de 5818€ net. Elle est soumise à la CSG et à la CRDS mais exonérée d’impôt sur le revenu. Elle est versée directement à chaque député sur un compte bancaire et rien ne contraint les parlementaires à rendre des comptes sur l’emploi qu’ils en font !

[2] Ce qui est faux : une fois cumulées les différentes indemnités (salaire de base, primes, enveloppe pour les collaborateurs, frais de représentation, frais de voyage, frais de téléphone etc…un député Française dispose de 160.000 euros par an , un député Allemand 140.000euros/an et un britannique 105.000euros. naturellement députés Allemands et Anglais sont interdits de cumul de mandats.


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