Château Brethous, biologiquement vôtre…

Posté le 26/03/2016 dans Les Gens d’ici.

Ce qui distingue , encore, les propriétés viticoles situées sur la rive droite de la Garonne, plus particulièrement en Entre-deux-Mers, c’est que les propriétaires vivent là, sur place, souvent dans des demeures qui datent du 17ème ou 18ème siècle ; contrairement aux grands domaines, par exemple du Médoc, qui appartiennent très souvent à des investisseurs français ou étrangers.
Encore que dans ce territoire d’appellations contrôlées, dont la nouvelle dénomination est : « Cadillac-Côtes de Bordeaux » cette situation pourrait bien changer plus ou moins rapidement, la tendance lourde actuelle semble être de constituer des propriétés de plus en plus grandes.
Mais tel n’est pas le cas de Château Brethous, charmante longère dont l’histoire remonte à 1664 et qui fut, peut être, au XVIIème siècle ce que l’on appelait alors un « bourdieu » soit une maison de campagne appartenant à quelques notables bordelais. La mode de ces maisons de campagne construites aux alentours de Bordeaux dans un rayon d’environ 20 kilomètres de Bordeaux ne répondait pas seulement au désir de paraître, tout au moins au XVIIème siècle, mais constituait un refuge en cas d’épidémies et permettait de fuir à certaines périodes les miasmes de la ville.
En Entre-deux-Mers, nombreuses étaient celles construites le long de la Garonne, mais certains propriétaires préféraient installer leur demeure sur le plateau de l’Entre-deux-Mers, en position dominante, ce qui est le cas de château Brethous. Ces maisons de campagne n’étaient pas seulement des lieux de détente, de plaisir où l’on aimait recevoir en toute simplicité avec un certain art de vivre. C’était pratiquement toutes des propriétés de rapport car elles étaient souvent associées à un vignoble plus ou moins important mais toujours source de revenus.
Tel est Château Brethous qui bien qu’ayant changé souvent de propriétaires depuis 1664, a toujours été une exploitation familiale. Et aujourd’hui encore ! Acheté en 1963 par Denise et François Verdier qui exploitent alors un vignoble de 13,7 hectares respectant le mieux possible l’écologie du terroir, compte tenu des connaissances de l’époque, le couple perpétue la tradition d’une propriété familiale et chaleureuse.
Cécile1 juin2010Aujourd’hui la transmission a été faite, le vignoble est maintenant exploité par leur fille Cécile et leur gendre Thierry Mallié qui pratiquent la culture biodynamique et ont obtenu depuis trois ans le certification « Bio » par Ecocert (organisme international de contrôle et de certification de l’agriculture et de l’alimentation biologiques).
Il leur aura fallu trois ans de travail sur la terre pour obtenir la certification de leur conversion. Trois ans qui ont fait suite, pour un petit groupe d’amis auquel appartenaient Cécile et Thierry, à une quinzaine d’années de réflexions sur les pratiques culturales d’alors, sur la nature et les effets des désherbants, des phytosanitaires utilisés, sur leur influence sur les écosystèmes de la terre. Questionnements aussi auprès des agro- ingénieurs incapables de leur répondre à l’époque.
C’est finalement un homme Daniel Noël reconverti en bio qui va les aider à passer le cap.
La toute première chose entreprise a été de faire une étude du sol, parcelle par parcelle, en identifiant sur chacune d’entre elles les herbes qui y poussaient naturellement et forcément diverses, car si le plateau de l’Entre-deux-Mers est argilo-calcaire, il se trouve que là, il y avait aussi des bandes de graves en surface. C’est en fonction de ce travail d’identification qu’en lieu et place des adventices, ont été semé différentes variétés de plantes connues pour leurs vertus régénératrices : faveroles, lupins, consoude…parce qu’apportant à la terre les éléments naturels nécessaires pour lui redonner vie, rétablir ainsi son éco système. Les racines de ces plantes aèrent le sol en douceur, prennent la place des adventices, donc plus besoin d’herbicides, servent d’engrais verts. Résultat : un meilleur développement et fonctionnement des feuilles propices à une maturation harmonieuse du raisin ; une plus grande résistance aussi aux maladies cryptogamiques, tels le mildiou, l’oïdium grâce également aux interventions à base de mini doses de cuivre, de soufre mais aussi de décoctions de plantes (ortie, prêle…)
Château Brethous 007D’ailleurs ce qui frappe en arrivant sur la propriété, alors qu’en ce mois de mars, la période hivernale semble tout à coup se réveiller, ce qui frappe donc, c’est de voir la verdure des « féveroles » s’épanouir entre les rangs du vignoble, prouvant que quelle que soit la saison, la vie est là, bien présente en osmose avec le cycle de la vigne. Ce d’autant plus, qu’après s’être convertis au biologique, Cécile et Thierry ont décidé d’aller encore plus avant dans cette approche globale de l’environnement en s’initiant à la pratique de la culture biodynamique, encore plus exigeante, car elle nécessite de faire le maximum pour travailler la vigne en équilibre permanent avec le sol. Les principes de la biodynamique ont été définis par Rudolf Steineren en 1924 ! Il préconise alors la valorisation des sols et de la plante dans son environnement naturel grâce à des préparations issus de matières végétales, animales, minérales et à l’application de ces préparations à des moments précis dans le cycle de l’année. Et puis comme l’affirme la jeune femme « On ne peut parler de terroir que si on peut parler du sol par Pays ou par région! Indispensable pour élaborer de grands vins alliant structure, charme et élégance»
Aujourd’hui, les vins de Château Brethous sont vendus pour 50% en France et pour 50% à l’exportation en Allemagne, en Angleterre, aux U.S.A et en Chine.
La Chine, où Cécile s’est rendue à deux reprises, où elle a pu constater l’engouement des Chinois pour le vin qui est aussi pour eux un « marqueur social » et où ce sont surtout les femmes qui se montrent très intéressées et ce d’autant plus et contrairement à d’autres peuples, que les Chinois façonnés par la culture du thé ne sont pas non plus dépaysés lorsqu’on leur parle de terroirs, ou de crus qui sont aussi l’apanage de leur boisson traditionnelle.

Pour contacter Château Brethous

Château Brethous 014(vente directe à la propriété -Château Brethous produit des « Des vins plaisir » vins bio rouges et rosés -.)
Cécile Verdier – Mallié
28 chemin du Jonc 33360 Camblanes
Tél : 05.56.20.77.76
Site Internet : www.brethous.com
Repères : la certification Bio par l’organisme Ecocert- Surveillance sur le site deux fois par an dont une fois sur rendez-vous et l’autre à l’improviste. Chaque parcelle est observée avec parfois des prélèvements de feuilles. Les factures, le stock de produits sont vérifiés également ainsi que la cohérence des chiffres entre eux. Bien entendu les vins sont égalementcontrôlés.


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