BURE encore un Grand projet inutile …

Posté le 09/09/2016 dans Environnement.

Les grands projets inutiles imposés ou GPII.

« …Ces GPII qui essaiment en France, aéroport, fermes usines, villages de vacances exotiques, centre commercial nouvelle génération, LGV, Centre d’enfouissement nucléaire, etc, constituent pour les territoires concernés un désastre écologique, socio-économique et humain. Il n’intègre jamais la Charte de Tunis adoptée en mars 2013 lors du forum social : la participation effective de la population à la prise de décisions, s’inscrivent dans une logique de concurrence exacerbée entre les territoires et impliquent une fuite en avant vers –toujours plus grand, plus vite, plus couteux, plus centralisateur…(Sources :http://reporterre.net/Grands projets inutiles…)

Nombre de ces projets ont été concoctés dans le secret par quelques grands corps d’Etat avec la bénédiction au plus haut sommet, souvent  il y a trente voire quarante ans au nom de la modernité, d’une économie technologique triomphante, de la grandeur de la France qui se doit de tenir son rang, et naturellement pour notre plus grand bien (sic).

Après de longues années de « maturation » ils apparaissent au grand jour et entrent dans une phase opérationnelle sur des territoires dont les paysages seront inexorablement détruits et par là même tous les écosystèmes qui leur sont inhérents, causant la sidération des populations directement concernées par leurs futures expulsions des terres qu’ils exploitent souvent depuis plusieurs générations.

Un peu partout, rapidement la résistance s’organise, de nombreux groupes locaux occupent le terrain, viennent soutenir les autochtones, boycottent les fameux débats publics qui ne sont pratiquement  que des parodies de concertation, font appel à la justice qui leur donne souvent raison, bref n’ont pas l’intention de baisser ni les bras, ni la tête !

Bure. Le futur projet d’enfouissement des déchets nucléaires.

Le 15 juin 2006, le Parlement français a voté une loi sur les déchets nucléaires promulguant leur enfouissement comme solution de références.Il n’est pas inutile de rappeler que ce jour là le Parlement français était représenté par une centaine d’élus seulement ! Ces élus entérinaient ainsi une proposition qui mijotait dans les cerveaux de nos spécialistes du nucléaire depuis 1990, qui ne sachant pas comment éliminer ces déchets d’une durée de vie de 1000 ans, et bien au-delà, se débarrassaient de « la patate chaude » en faveur des générations futures, le pari étant que d’ici une centaine d’année la Science aurait fait de tels progrès que l’humanité aurait trouvé, enfin, une solution terminale définitive.!

Cette loi de 2006 a donc été le feu vert donné à l’ANDRA (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) pour dans un premier temps installer et exploiter un laboratoire souterrain , à moins 500  mètres de notre plancher des vaches, destiné aux recherches sur le stockage de déchets radioactifs en couche géologique profonde puis , et, après cette période de préparation mettre en œuvre les travaux pour la construction d’un site d’enfouissement des déchets nucléaires, toujours, à quelques 500 mètres de profondeur, dénommé Cigéo soit Centre Industriel de Stockage Géologique pour stocker les déchets radioactifs de haute activité et à vie longue produits par l’ensemble des installations nucléaires françaises.

Avant tout il a été nécessaire pour l’ANDRA de trouver un territoire apte sur le plan géologique à recevoir ce projet qui s’annonce gigantesque. Le choix s’est porté sur la commune de Bure (82 habitants) située sur le département de la Meuse à la lisière de la Haute Marne et de la commune de Saudron (38 habitants) incluse également dans le périmètre que compte investir l’ANDRA soit sur une surface de 250 km2   comportant 1000 hectares de forêts et 2000 hectares de bonnes terres agricoles !

Cigéo est prévu pour être opérationnel en 2025 après une série d’étapes et un calendrier fixé par la loi. Cette même  loi qui impose que le projet soit réversible au moins pendant 100 ans afin de laisser aux générations futures la possibilité de modifier ou d’orienter le processus de stockage, par exemple si la sureté du site était mise en cause !

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Les opposants, soit plusieurs associations « Burestop55, Bure Zone libre, Habitants vigilants, Maison de la Nature et de l’environnement, Mirabel Lorraine environnement » qui se sont réunis sous forme de coordination Burestop, boycottent les débats publics qu’ils jugent orientés et ne répondent pas à leur questionnements. Les opposants controversent donc sur le financement, la réversibilité du processus engagé, , les incertitudes portant sur la capacité d’imperméabilité du site sur une durée de 100.000 ans(sic), sur la volumétrie à traiter compte tenu que les produits de fission générés par l’exploitation des Centrales nucléaires sont de très haute activité avec une durée de vie qui se compte par milliers d’années… ne veulent pas que leur lieu de vie soit transformé en poubelle nucléaire.

La coordination a déjà déposé plusieurs recours auprès de tribunal administratif de Nancy, l’ANDRA ayant commencé les travaux de façon illégale sans les autorisations administratives nécessaires concernant le défrichement dans la forêt . Le T.A. a donné raison à la coordination et sommé l’ANDRA de ne pas poursuivre ses travaux illégaux et de remettre le site en son état initial, ce qui n’empêche nullement l’agence nationale de continuer à édifier un mur de béton de 3 kilomètres de long autour du Bois concerné et ce sous très haute surveillance policière et vigiles !

Comme chacun voit midi à sa porte, vu de l’Entre-deux-Mers ce projet situé dans cette région « lointaine du Nord Est » somme toute exotique pour les habitants du cru, ce projet donc pourrait laisser penser qu’il ne les concerne pas, mais quand ils sauront que cette « utopie nucléaire » va couter quelques 35 milliards d’euros ( oui vous avez bien lu trente cinq milliards d’euros, selon estimation du Ministère le l’environnement), soit l’équivalent du budget agricole de la France , ils se poseront peut être la question de : qui va financer ? il parait qu’une partie le serait par EDF, déjà empêtrée par ses EPR, une autre par le Centre d’énergie atomique  -Aréva quasiment en faillite…bref  l’opacité là aussi règne et le citoyen lambda, celui qui fait partie des 47% de Français qui paient des impôts et qui s’interrogent sur l’état de sinistre des finances publiques , peut déjà se demander si, in fine, il ne sera pas le cochon de payant ! Quant aux générations prochaines on leur laisse le soin de se débrouiller avec ce cadeau empoisonné!

Colette Lièvre.

 


Une pensée sur “BURE encore un Grand projet inutile …”

  1. J’ai du mal à suivre.
    – on ne veut pas du nucléaire à cause de Bure, de Fukushima, de Tchernobyl
    – on ne veut pas du pétrole : ça dégage trop de gaz à effet de serre
    – on ne veut pas du gaz : ça dégage trop de gaz à effet de serre
    – on ne veut pas du charbon : ça dégage trop de gaz à effet de serre
    – on ne veut pas des panneaux solaires : c’est pas beau, ça ne marche pas la nuit, on ne sait pas stocker l’énergie en excès, les composants coûtent chers
    – on ne veut pas d’éolien : c’est pas beau, ça fait du bruit, ça ne marche pas quand il n’y a pas de vent, ça ne marche pas quand il y a trop de vent, on ne sait pas stocker l’énergie en excès
    – on ne veut pas de moteurs à hydrogène, le stockage étant dangereux, et la fabrication nécessitant d’utiliser des énergies polluantes (ce qui est inexact)
    – on ne veut pas de biogaz, car pour fabriquer 1 litre de biogaz il faut dépenser 1,2 litres de gazole et donc polluer
    – on en veut pas de méthanisation, car ça pue !
    – etc, etc….

    Mais alors qu’est-ce qu’on est prêts à accepter ?

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