Le destin d’Henry Frugès (1879-1974)

Posté le 15/11/2017 dans Les Gens d’ici.

Le destin d’Henry Frugès. (1879-1974)

Lors de ces dernières journées du patrimoine, les 17 et 18 septembre, certains lecteurs et lectrices ont, peut-être, été visiter l’Hôtel Frugès à Bordeaux, ou encore, La Cité Frugès à Pessac, voire les deux. Auquel cas, ils se sont, éventuellement, interrogés sur la personnalité de cet homme, Henry Frugès, à l’origine de deux œuvres architecturales aussi différenciées l’une de l’autre ; œuvres qui témoignent d’une part d’un éclectisme en esthétisme et d’autre part d’une liberté d’entreprendre en un temps et dans une ville bourgeoise attachés aux conventions. Cela tient vraisemblablement  aux circonstances qui ont marqué sa longue existence, souvent marquée par des occasions fortuites, à commencer par sa naissance dotée d’un état -civil « qui n’est pas simple » comme en témoigne Robert Coustet dans son ouvrage sur « L’Hôtel Frugès à Bordeaux » p.16, paragraphe « Un curieux atavisme…Son état-civil qui n’est pas simple a, peut-on penser, contribué à façonner sa personnalité complexe. Le patronyme originel de son père Pierre Edmond, était Baronnet. Ce Pierre Edmond avait hérité de son père une maison d’importation de produits coloniaux fondée vers les années 1810. La chronique familiale prétendait que leur nom venait d’un ancêtre anglais, un certain, sir Henry Edward Martin qui jouissait de la qualité de « baronnet » et qui transmit à ses descendants son titre en guise de patronyme, ainsi que le «  y » du prénom Henry. Notre Henry à qui l’on doit le récit de cette ascendance flatteuse, a également gardé le souvenir de la merveilleuse histoire des ancêtres de sa grand-mère maternelle, née Bentajou. Celle-ci lui avait conté que sa famille descendait d’une lointaine aïeule Zohra, fille de l’émir El Hadj Abd En Nor El Maimouny, général de Boadbil, dernier roi de Grenade. Elle était d’une grande beauté et combattit courageusement les rois Catholiques avant de devenir finalement, la protégée de la reine Isabelle. Elle se convertit, épousa un chrétien et donna naissance à la lignée des Bent Hadj, qui devint Bentadj, puis Bentajo et finalement Bentajou…. »

Le récit de cette généalogie assez surprenante contribuera à façonner la personnalité hors du commun d’Henry Frugès qui se révèlera plus tard autant « capitaine » d’industrie entreprenant et avisé que musicien et artiste. Pour ces deux dernières facettes il aura bénéficié d’un atavisme génétique : son grand-père était considéré comme un érudit, collectionneur, pratiquant la peinture et la gravure ; son père était un passionné de photographies et très tôt s’est intéressé à la photo en couleur, et Henry grâce aux merveilleux récits de sa grand-mère sera, plus tard, particulièrement attiré par l’art musulman.

Et, il aurait vraisemblablement eu un destin d’artiste à part entière, si ce même destin n’en avait décidé autrement.

En 1880, son père Pierre, Edmond Baronnet est appelé à entrer en tant que fondé de pouvoirs dans une importante entreprise de raffinerie de sucre « La Raffinerie Frugès ». C’est l’époque où s’impose la concurrence de la culture betteravière à celle de la canne à sucre en provenance de nos Antilles, ce qui réduira considérablement le nombre de raffineries bordelaises qui était de 35 en 1740 ( Bordeaux était alors considérée comme la capitale du sucre en France) elles ne seront plus que 3 au XIXème siècle soit :les raffineries Saint Rémi, Tivoli/Sainte-Croix et Frugès, cette dernière réputée pour produire un sucre raffiné d’une pureté et d’une beauté incomparables.

De fondé de pouvoirs, Monsieur Baronnet devint très vite associé de Monsieur Henri Frugès et en 1905 au décès de ce dernier, qui n’avait pas de descendants, il hérite de l’entreprise qui devient alors « Baronnet-Frugès ». Huit ans après son fils Henry le rejoindra à la direction de la raffinerie où il se montrera particulièrement inventif et précurseur, tout en continuant, en tant qu’autodidacte  à dessiner, peindre, à être musicien. Mais on voit par là que si Monsieur Henri Frugès avait eu des enfants, la destinée artistique, éventuelle, en tant que professionnel du jeune Henry « Baronnet Frugès » se serait peut être accomplie ? Quoiqu’il  en soit, malgré la charge qu’incombe son rôle de responsable d’entreprise, il restera attaché aux valeurs artistiques et d’esthétisme comme en témoigne l’Hôtel Frugès à Bordeaux.

« …En 1912, âgé de trente trois ans, il est au comble de sa prospérité et décide de « faire construire une demeure adéquate à sa situation dans le monde des affaires de sa ville et de sa région » pour s’y installer avec sa famille. Le 13 novembre, le ménage achète la maison Davergne…Il entreprend de la rénover de fond en comble, d’en faire un exemple de maison nouvelle en rupture avec la tradition du bon goût bordelais, celui qui s’affiche chez ses voisins des Allées Damour  (l’appellation a changé en 1945 pour devenir Place des Martyrs de la Résistance !) Par son architecture, par sa décoration elle devra répondre aux besoins de la vie moderne et, en s’émancipant de la tradition classique, renouer sans copier avec la logique du vrai style national, celui du Moyen Age (On note au passage l’influence de Violet –le-Duc) enrichi par l’exubérance de certains éléments arabes.

Son ambition dépasse l’ordre architectural. Elle se double de la volonté philanthropique d’œuvrer en faveur des artistes bordelais vivants, de les faire travailler, de les confronter avec des maîtres parisiens et de réaliser une œuvre globale représentant dans tous les domaines l’excellence des techniques artistiques et des savoir-faire français du début du XXème siècle. Dans une perspective plus lointaine Frugès envisageait même de léguer ce « petit musée » à « sa ville natale »… (cf. p.24 L’Hôtel  Frugès – Robert Coustet)

Henry Frugès fera appel à Pierre Perret comme architecte mais aussi à de nombreux artistes et artisans Bordelais et nationaux : sculpteurs, peintres, décorateurs, Maîtres verriers, ferronniers, céramistes parmi les plus talentueux du moment. Lui-même apportera sa contribution influencée par la réminiscence des récits arabes de sa grand-mère.

Achetée en 1912 les travaux de la maison Daverne vont démarrer rapidement. Ils seront interrompus un temps pendant la guerre de 1914 et ne reprendront qu’en 1916, et, la famille Frugès pourra enfin occuper les lieux en 1918 alors que l’ensemble des décors intérieurs, largement inspirés par les souhaits du maître des lieux ne sont pas terminés. En fait les agencements et embellissements divers se poursuivront jusqu’en 1927.

La Saga du « Quartier moderne Frugès « à Pessac.

Ce jour là, Henry Frugès qui est en train de lire la revue « l’Esprit nouveau »est frappé par un article émanant de l’architecte Charles-Edouard Jeanneret-Gris qui commence à être connu sous le pseudonyme de « Le Corbusier ». L’industriel est frappé par le bon sens des idées développées par Le Corbusier qui affirme « qu’après la guerre il faut construire beaucoup, rapidement et par conséquent rationnaliser,  en s’appuyant sur les nouvelles techniques, la construction industrielle pour bâtir des maisons en série et à moindre coût où La joie de vivre existe ! » Derechef l’industriel décide de rencontrer l’architecte-urbaniste et se rend à Paris.

Nous sommes le 3 novembre 1923 et cette décision aura une influence considérable sur le destin d’Henry Frugès.

Dès ce premier rendez-vous les deux hommes se sont en quelque sorte reconnus. Tous deux sont de la même génération (Le Corbusier est né en 1887) ils ont aussi des points communs dont un goût affirmé pour les arts en tous genres. L’industriel bordelais séduit par les théories et leurs perspectives de Le Corbusier, va d’emblée lui confier la création d’un petit lotissement à Lège- près Arcachon, comprenant dix logements, un bâtiment servant de cantine destinés aux ouvriers d’une scierie que possède la Maison Frugès qui fabrique, entre autres, des caisses pour l’exportation de la production sucrière. L’objectif premier étant surtout de fixer sur place près de leur lieu de travail les ouvriers, dans un esprit bien compris d’un paternalisme cher au capitalisme industriel de l’époque.

A ce moment là Le Corbusier n’a encore pas mis en œuvre sur le terrain ses idées et théories pour une « nouvelle architecture », c’est Henry Frugès qui va lui permettre de concrétiser ce que beaucoup considère alors comme une utopie ! Ce dernier va donc se rendre acquéreur d’un terrain d’une superficie de 4 hectares à Pessac, alors petite ville bourgeoise faisant partie de la banlieue bordelaise, pour permettre la construction d’une cité-jardin de 120 maisons, originellement destinées à l’acquisition par des ouvriers. Là, Le Corbusier souhaite démontrer que l’on peut construire en série et devenir propriétaire d’un logement à moindre coût. Le défi posé est bien celui de l’économie du projet en recourant à un module standard de construction auquel s’ajoutent une ou plusieurs travées supplémentaires conduisant à l’élaboration de cinq types différents de maisons… Ces maisons modestes sont par contre très bien équipées et offrent un certain confort ignoré à cette époque, surtout dans le monde ouvrier, à savoir : salle d’eau, buanderie, chauffage intégré, garage et ou toitures-terrasses. Parallèlement les espaces publics sont particulièrement soignés tant sur les plans de la qualité que de leur diversité : rues, places plantées d’arbres autour desquelles les maisons viennent s’agglomérer tout en respectant l’intimité de chacun avec une gestion très novatrice des vis-à-vis, de la mitoyenneté…

Initialement les maisons devaient être entièrement blanches, mais Le Corbusier et Frugès étant tous deux peintres, ils vont se mettre d’accord pour utiliser la couleur soit une polychromie pour la mise en valeur des éléments architecturaux, utiliser la couleur sur différents pans de murs en fonction de l’intensité lumineuse si particulière de la Gironde.

Cette première grande œuvre de Le Corbusier sera aussi celle du peintre qu’il pouvait être, ainsi s’exprimait-il : « J’ai toujours attaché la plus grande importance à la polychromie et j’ai cherché depuis des années à découvrir les fonctions naturelles de la couleur ! »- Ce sera toutefois, la seule et unique fois de sa carrière où il composera une polychromie totale sur un de ces projets architecturaux.

Quant à Henry Frugès dans ce même temps, il va mener de front son activité d’industriel « sucrier », alors même que l’économie de ce marché international est en pleine mutation,  le suivi des  aménagements de l’Hôtel Frugès et la construction de la première tranche de travaux de la « Cité-jardin » de Pessac .

Le 13 juin 1926 a lieu l’inauguration des cinq premières maisons de cette première tranche de travaux qui en prévoit 51 et ce en présence du Ministre des travaux publics de l’époque. Si sur le plan national la presse parle de la future « cité –jardin » comme d’une réussite il n’en n’est pas de même à Bordeaux. La haute bourgeoisie bordelaise est indignée par « ce confort moderne » proposé à de simples ouvriers « …il y a plus de confort que dans les hôtels particuliers aristocratiques du centre ville !… ». Les architectes bordelais s’insurgent également contre « ces cubes sans toits ». La presse locale s’en mêle et ironise sur ce futur quartier semblable à « …un quartier marocain… »

L’objectif initial était généreux : permettre à des ouvriers de devenir propriétaires de ces maisons. Mais outre le fait qu’en 1926, ils n’ont encore aucune possibilité d’accéder au crédit bancaire, il y a aussi la résistance aux changements de ce public dont le rêve de propriété reste la petite échoppe bordelaise et son jardin !

Enfin dès le début de cette expérimentation architecturale, Henry Frugès s’est heurté à de multiples difficultés notamment avec l’autorité municipale comme en témoignent de nombreux courriers sollicitant l’administration : pour l’obtention des permis de lotir et construire, puis plus tard pour avoir le raccordement à l’électricité et à l’adduction d’eau. Enfin ces 51 premières maisons auront coûté quatre fois plus cher que prévu pour le promoteur. C’est donc un véritable échec commercial (en 1930, seules 36 d’entre elles seront habitées).

Finalement Henry Frugès va décider d’arrêter là les frais et cesser toute collaboration avec « … le trop dispendieux et contesté architecte… » Toutefois son nom restera, désormais, associé à celui du « précurseur de l’architecture nouvelle ».

C’est le moment aussi où la situation de l’entreprise Frugès est confrontée à une crise économique sans précédent et à l’agressivité des grands groupes sucriers comme Say et Beghin qui en profitent pour racheter toutes les raffineries. Pendant quelques temps Henry Frugès essaiera de résister aux propositions de rachat mais finalement en juin 1929, il sera contraint de céder son affaire aux Etablissement Say.

Très affecté  par la faillite de la Maison Frugès, surmené par l’ensemble de toutes ses activités y compris les péripéties et le fiasco commercial du « Quartier Frugès à Pessac » il va avoir une profonde dépression. Son médecin lui prescrit alors le repos, de vivre au grand air, de pratiquer de l’exercice physique, toutes choses qui vont décider Henry à changer complètement de vie et à quitter Bordeaux !

La seconde vie d’Henry Frugès.

On ne sait si c’est le souvenir des récits arabisants de sa grand-mère qui vont le conduire dans le choix de changement de pays puisqu’il se décide à rejoindre la Tunisie où il va entreprendre  l’apprentissage de la mise en œuvre et de la gestion d’une activité agricole. Il y restera trois ans, puis, ira s’établir en Algérie sans son épouse, puisqu’en 1934 le couple s’est séparé ! Là, il exploitera un domaine à Burdeau (Medhia) dans le sud Oranais ce qui ne l’empêchera pas de donner libre cours à ses passions, le dessin, la peinture et la musique.

Il composera même un opéra intitulé  « BOU-ABD-ALL », drame lyrique comportant de nombreux personnages ; œuvre  qu’il signera d’un pseudonyme arabe : Abd-en-Nor qui signifie : père de la lumière ! Outre la composition de la partition musicale, il dessinera tous les décors et tous les costumes des personnages ce qui permet de se faire une idée de l’intrigue, du lieu où elle se situe : à la cour du roi Bou-Abd-All, car malheureusement le livret de l’œuvre a disparu, contrairement aux autres éléments. Il est vraisemblable que ce drame lyrique a lieu lors de réjouissances à la cour du roi, les personnages concernés étant en grande tenue !  Ces personnages sont au nombre de 23.Outre le roi Bou-Abd-All , il y a la reine Mouraïna, la reine-mère Aïcha, Mouça le généralissime, un officier et des soldats maures, le dignitaire Abd-Al-Malik, 3 ambassadeurs castillans, Hamed le marabout, les Almées Ouarda, Badoura,Léonara et Maria, les danseuses Najiyya, Inina,Fejra, les servantes maures ainsi que les esclaves-servantes et enfin Messaoud maître de cérémonie.

On ignore si le livret était écrit en français ou en arabe, mais l’on peut très bien imaginer qu’Henry Frugès ait aussi épousé la langue du pays compte tenu de son goût marqué pour la culture arabe.

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Il rentrera en France après l’Indépendance de l’Algérie et viendra s’installer en Entre-deux-Mers, dans le domaine de Damluc à Camblanes, où il continuera à peindre, composer, écrire, recevoir des visiteurs, évoquer ses souvenirs, rappeler sa devise « Mieux vaut parfois échouer dans ses entreprises que de n’en risquer aucune » et ce jusqu’au 10 janvier 1974 où il quitta ce monde !

Epilogue.

Il est indéniable qu’Henry Frugès devenu homme d’affaires à son corps défendant, fut certainement un artiste contrarié, comme en témoigne toute sa vie pendant laquelle il trouva toujours du temps à consacrer à ses passions artistiques : le dessin, la peinture, la musique.

Autodidacte, touche à tout guidé peut être,  par la curiosité ou quelques idées fixes influencées par l’histoire familiale (et plus particulièrement par sa grand-mère) vers l’art musulman, il n’en restera pas moins attaché à un certain académisme, à l’art classique. « ..être figuratif, sociable, intelligible en tout, parce que le tableau veut dans sa structure l’accord harmonieux, l’équilibre agréable des lignes et des couleurs, dans sa composition , une unité d’effet… » (p.19 Henry Frugès artiste- cf :L’Hôtel  Frugès- Robert Coustet) Tel était son credo !

Ceci permet mieux de comprendre son aversion pour les artistes contemporains, d’avant-garde dont Picasso et Braque, Léger et Matisse, mais aussi tous les autres Van Dongen, Rouault, Cézanne, etc…Il les considère comme des « sophistes des tableaux », des « parodistes de l’art » et épanchera sa détestation dans de petits livrets pamphlétaires écrit en vers, destinés à de jeunes étudiants, tel le petit extrait qui suit et qui donne au lecteur, qui peut s’en étonner, une idée de la virulence du ton chez un homme qui devait par ailleurs être très urbain et qui avait fait preuve d’une grande ouverture d’esprit en appuyant Le Corbusier dans sa démarche d’architecture nouvelle.

Encore que, l’on peut faire la remarque suivante. Les maisons Frugès de Pessac « à la sobriété heureuse » destinées aux ouvriers ont été construites dans le même  temps où Henry Frugès entreprenait la longue et somptueuse mise en œuvre de l’Hôtel Frugès : « Sa propre demeure apporte la preuve que la collaboration avec Le Corbusier ne fut qu’une expérience appropriée au monde ouvrier ; pour lui- même il reste attaché à la tradition du luxe bourgeois, même s’il entendait rompre avec la routine du bon ton bordelais habituel »( L’Hôtel Frugès à Bordeaux p.23 Robert Coustet.)

La ballade diabolique des PICS et des Braques…suivie de la Picabracomanie.

O Dieu, beau,  juste et bon, Père de la Beauté,

Source de la Justice et Seigneur de Bonté !

O Dieu ! Chassez d’ici ces masques horrifiques,

Renvoyez aux Enfers ces Etres morbifiques,

Créés au bric-à-brac de quelques pauvres Braques

Dont le crâne fêlé constamment se détraque,

Enfantés par des Pics aux crêtes maléfiques :

Picasso, l’As des Pics, et ses Picasouillons,

Les Picots, Picotins et Picobarbouillons,

Copistes d’aliénés, de Zoulous et d’Aztèques,

Bracossalade à relent de Métèques,

 Tous les Picobraqués et la Bracopiqués,

Picrocjole de l’Art, Picrots, Picrotiqués,

Sous-Brachycéphalots, Bracopicascéphales,

Et les admirateurs béats, pis qu’acéphales,

De leur « art » de Laideur, cacoglyphe miniot,

D’enfants au biberon, « art », certes, brachybiot,

De Picots, Picassots et de Picasouillons,

Inspirés par Satan, prince des Picaillons.

Henry Frugès.

 Extrait (p.9) d’un petit opuscule de 23 pages d’Henry Frugès à l’adresse de ses « Jeunes Amis…Étudiants d’Art », écrit lors de son long séjour en Algérie,( édité par l’imprimerie Studium, E.Bonioch &Cie , 1 rue de Beaufort à Alger), et que l’on pouvait se procurer moyennant 50 frs chez l’auteur à Burdeau (Algérie)

La première partie «  La Ballade diabolique » est un véritable pamphlet en vers où l’auteur exprime sa détestation des peintres modernes abstraits, cubistes et autres. Il s’en prend plus particulièrement à Braque, Picasso et sa bande !

Cette diatribe est suivie par « La Picabracomanie » où Henry Frugès s’adresse directement à ses « Jeunes Amis…étudiants d’Art » et toujours en versifiant leur rappelle quels sont les critères esthétiques auxquels  doit répondre un tableau qui, dans son esprit, ne saurait être que figuratif et académique.(p.13)

« …Qu’est-ce donc un TABLEAU ? Étudiez sa nature,

Les lois de sa beauté : FIGURATIF, sociable,

INTELLIGIBLE, en tout, il veut dans sa structure,

L’ACCORD harmonieux, l’EQUILIBRE agréable,

Des lignes et couleurs ; dans sa composition,

Une UNITE D’Effet. Voilà l’indispensable… » etc, etc…

S’ensuit une troisième partie intitulée : « Petit Lexique, à l’usage des jeunes étudiants donnant l’explication des néologismes, fantaisies, termes techniques et allusions contenus dans la Ballade. » Il s’agit là pratiquement d’une explication des textes précédents. Henry Frugès enfonçant le clou : « …Depuis quelques années, l’on s’est mis à exposer des œuvres d’Aliénés.

Les organisateurs l’ont fait dans un but scientifique, mais combien de cerveaux  y ont puisé des « idées » macabres et saugrenues !…Alors on nous dit que FOLIE et GENIE sont si intimement liés qu’il est fort difficile de fixer la frontière qui les sépare…. ( p.17)

Colette Lièvre.

Nota : En juillet 2016 l’œuvre architecturale de Le Corbusier a été inscrite au patrimoine mondial de l’humanité.

Sources :L’Hôtel  Frugès à Bordeaux – Robert Coustet. Editions le festin.www.lefestin.net –Association des sites Le Corbusier – Les Peintres Bordelais.http://www.lespeintresbordelais.com –   « L’œuvre architecturale de Le Corbusier, une contribution exceptionnelle au Mouvement Moderne » Gilles Ragot ,professeur de l’histoire de l’art contemporaine de l’Université Bordeaux-Montaigne.  –https://blogs-mediapart.fr/edition/regards -sur-Pessac/article 090215/cite…- Dessins originaux d’Henry Frugès: Collection particulière.

 

 

 

 

 


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